Plus de 6000m ! Notre ascension du Huayna Potosi

Préparatifs pour l’ascension du Huayna Potosi

Située à 25 km de la capitale administrative la plus haute du monde, cette montagne culminant à 6088 m est un beau challenge si tu es de passage à La Paz et que tu souhaites t’initier à un peu d’alpinisme ! En effet, durant ton ascension tu auras 20 mètres de mur de glace où tu devras utiliser les piolets. Tu possèdes également des crampons pour bien adhérer à la neige et tu es en cordée de 3 personnes : le guide, toi et une autre personne.

La cordée est nécessaire afin d’éviter les chutes des alpinistes et d’assurer leur sécurité. Alors, peut-être qu’après t’avoir dit ça, tu es un peu refroidi et tu constates que ce n’est pas un simple trek.

Saches que tous les jours il y a des tours organisés par les agences de la Paz avec des touristes plus ou moins sportifs. À vrai dire, la vraie difficulté c’est la capacité de ton corps à gérer le mal d’altitude. Voici d’ailleurs les solutions qu’on préconise pour gérer ce mal au mieux.

À 5000 et 6000 m d’altitude, chaque effort te laisse le souffle coupé avec la raréfaction de l’oxygène, ton organisme est également mis à rude épreuve, certains n’auront pas de soucis à monter, d’autres de grosses migraines, des douleurs à l’estomac…

Entre nous, l’expérience est unique et quand on n’a jamais atteint 6000 mètres, notre fierté nous pousse à accepter ce beau challenge, tenter le défi, découvrir le monde de l’alpinisme, rencontrer des personnes avec qui tu vas mine de rien partager un fort moment de ta vie et enfin apprécier une vue incroyable sur l’Altiplano, La Paz et la cordillère Royale. Ça y ait, ça va mieux ? Je te l’ai dit, ça vaut le coup !

L’ascension peut se faire en 2 ou 3 jours. En vérité elle s’effectue tout le temps en 2 jours, mais les agences te proposent un jour additionnel afin de t’acclimater et t’initier à l’alpinisme avant de commencer l’ascension.

On te recommande de le faire en 3 jours, tu comprendras vite pourquoi dans la suite de l’article.

Au niveau des affaires à emporter en plus :

  • Des lunettes de soleil
  • Une crème solaire
  • Une bouteille d’eau
  • Snacks
  • Une lampe frontale
  • Des sous gants (optionel)
  • Des médicaments contre le mal de ventre et de tête
  • Un téléphone pour les photos en haut bien-sûr ! Oui, parce que l’appareil photo ne va sûrement pas apprécié de telles températures.

Te voici prêt à lire comment l’expérience s’est passée pour nous !

Notre aventure sur le Huayna Potosi

Au vu de nos derniers treks au Pérou, de notre acclimatation d’une semaine à la Paz (4000 m) et enfin soucieux de nos économies, on a décidé de partir sur seulement 2 jours d’ascension.

Premier jour

Rendez-vous à 08h30 à l’agence pour essayer chaussures et vêtements. Nous serons habillés avec de très belles combinaisons noires et orange fluo qui seront censées nous protéger d’une température allant jusqu’à -15°C au sommet, durant la période d’Octobre où nous visitons le Pérou.

De La Paz, il y a 2h de trajet en mini-bus pour se rendre au premier campement, à 4700m.

Nous faisons la rencontre de nombreux Israéliens, venus en masse aujourd’hui afin de dépasser la barre des 6000m. Étonnamment, nous sommes les seuls français ! S’il y a bien un pays où nous avons croisé le plus de compatriotes durant notre tour du monde, c’est bien celui là !

Au fil de la route, les habitations se font de plus en plus rares, les humains laissent place aux lamas, le chemin devient terreux et surprise, la neige commence à tomber !

Arrivés à la première base de campement, nous faisons connaissance avec les guides. Nous sommes 5 touristes à monter aujourd’hui et nous serons accompagnés de 2 guides. Ceux-ci donnent une très bonne impression, ils sont détendus, font des blagues, bref, un très bon esprit ! Nous préparons nos sacs, enfilons nos couches de vêtements et sortons dehors braver ce temps des plus grisonnants ! Une visibilité de 10m avec une fine neige s’abattant sur nous, c’est dans ces conditions que nous allons monter durant 2 heures pour atteindre la seconde base de campement, à 5130m.

Le rythme imposé par le guide est parfait, ni trop élevé, ni trop lent, si nous nécessitons de faire une pause, on peut s’arrêter à notre guise. Comme attendu, la respiration est plus compliquée, mais rien de bien méchant. Nous arrivons les pieds dans la neige au second campement, où un groupe parti pour 3 jours se situent déjà là, ils partiront avec nous le lendemain.

Nous sommes en plein milieu d’après midi, dans une grande pièce où nous mangerons et « dormirons » en communauté, à une vingtaine de personnes. Il y a de la nourriture à profusions, de quoi nous ravir et remplir notre estomac jusqu’à saturation ! Le repas s’effectue à 17h, oui c’est tôt, mais ceci s’explique parce que nous partons dans la nuit à 01h du matin pour arriver en haut au lever du soleil. Ce qui signifie que nous sommes censés dormir de 18h à 00h dans un dortoir de 20 personnes

Monter de nuit est préférable d’un point de vue sécurité afin d’éviter de grimper sur une neige fondante et plus instable au soleil. Avant de me coucher, j’ai un mal de tête léger, mais je suis plutôt en confiance pour la suite des événements en pensant que ça ne s’aggravera pas. Valentin, quant à lui, possède des maux de ventre assez pénibles depuis ce matin, il ingère un médicament en espérant que cela passe pendant la nuit.

2ème jour

Des lumières de téléphones, un mec qui se trompe d’interrupteur allumant toute la salle, des lits grinçants, des ronflements, c’était tout simplement la meilleure nuit de tous les temps. Non sans déconner, on n’a pas dormi une minute et c’était le cas pour la majorité d’entre nous ! D’autant plus qu’il y a une certaine excitation, une impatiente de monter, une peur de l’échec !

Très mauvaise nouvelle, mon mal de tête s’est empiré durant la nuit, l’altitude me met une claque ! Une sensation bien pire que la gueule de bois avec en prime des problèmes de digestions, je sais qu’il est trop tard pour moi, je ne pourrais pas monter. Un mélange d’énervement, de douleurs et de frustration qui restera une bonne partie de la journée. Surprise ! Valentin n’est pas en bonne forme également ! Ces maux de ventre ne sont pas passés, il ne se sent pas de monter. Nous ne pouvons rien déjeuner et restons donc au lit, tandis que les autres sont déjà en train de s’équiper.

Pour eux, le programme de la journée, c’est donc 6h de montée à une cadence lente afin de vaincre le manque d’oxygène. Chaussures à crampons aux pieds, il se forme des cordées de 3 personnes maximum avec le guide. À un moment de l’ascension, 20 mètres de glace sont à effectuer piolet en main afin de progresser plus rapidement en évitant quelques glissades. Arrivés en haut, ils resteront 20 minutes maximum afin de profiter du moment victorieux et prendre quelques clichés. Suite à cela, ils redescendront au 2eme campement en 2h.

Pendant ce temps là, nous avons dormi, mon mal de tête s’est réduit mais le mal de ventre à empiré. Il faut qu’on descende rapidement, cela allégera forcément les souffrances du mal d’altitude. Je suis blanc comme un *** et me prépare à descendre tel un zombie sans énergie. Je traîne la patte, des bouffées de chaleur me viennent jusqu’au moment fatidique de vomissements dont je t’épargnerais le détail !

Je finirais la descente dans un meilleur état, tandis que Valentin se sent mieux également, encore fatigué, mais les maux de ventre se sont apaisés. Le reste de la journée nous attendrons la descente des autres, justifieront notre échec et nous nous reposerons.

Je regrette d’être parti sur le trek de 2 jours sachant que j’avais déjà eu des antécédents de mal de tête à cause de l’altitude auparavant, mais je suis content d’avoir choisi d’arrêter au bon moment, j’aurais vraiment subi la montée et pris peu de plaisir à grimper.

Nous n’avons pas été les seuls à abandonner, 3 autres personnes également, mais la plupart heureusement ont pu réussir l’épreuve haut la main. D’un point de vue technique, il n’y a pas de difficulté, tout se joue vraiment avec ta capacité à gérer l’altitude.


Se fut une expérience enrichissante, une prise de conscience de mes limites avec l’altitude et une déception pour Valentin qui est tombé malade suite à une indigestion alimentaire (ce ne sera pas la dernière en Bolivie…). La première journée était sinon géniale avec des rencontres, de la bonne humeur, de bonnes sensations et des versants enneigés nous rappelant nos belles montagnes des Alpes.

Quelle agence choisir pour l’ascension du Huayna Potosi ?

Étant donné que nous sommes administrateurs du groupe Facebook « Les Français en Bolivie » depuis 2018, nous avons eu beaucoup de retours d’expériences depuis la création du groupe.

Une agence est souvent revenu de part leur professionnalisme et leurs guides, je fais référence à Jiwaki. Agence locale d’alpinisme et trekking en Bolivie, ce sont les bonnes personnes pour vous accompagner au dessus de 6000 mètres. Assez ironique de dire ça 😄, vu que j’ai pour ma part échoué, mais ce n’était pas avec cette agence que j’avais tenté l’aventure à l’époque, malheureusement.

Jiwaki proposent l’ascension en 2 ou 3 jours, mais également concernant les autres monts de Bolivie. Les prix pour faire l’ascension du Huayna Potosi sont d’environ 120 € pour 2 jours, 140 € pour 3 jours. Pour réserver ou avoir les informations détaillées sur leurs excursions, voici le lien :

Où dormir à La Paz ?

🏠 Notre coup de coeur 💚 en dessous de 50 € la nuit : Departamento por Temporadas

🏠 Notre coup de coeur 💚 en dessous de 100 € la nuit : El Museo ex-Tinka Hotel Boutique

🏠 Notre coup de coeur 💚 en dessous de 200 € la nuit : Met Hotel

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☂️ Quelle assurance voyage pour son ascension en Bolivie ?

On a beau être affûté ou en pleine santé, voyager en Bolivie sans assurance, c’est courir le risque de payer très cher en cas d’accident. Souscrire à une assurance avec une bonne couverture médicale peut t’économiser des centaines d’euros si un pépin arrive. Afin de partir en toute sécurité, je te recommande Chapka Assurance accessible depuis le lien en vert.

4.8/5 - (12 votes)
  • Bonjour,

    Super article !!
    Nous avons prévu de faire l’ascension en janvier avec mon copain. Je me demandais, faut-il apporter des chaussures spéciales ou en prêtent-ils ?

    Mercii

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